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Xiamen, une ville et une vision au service des nouvelles ambitions de la gouvernance maritime mondiale

En novembre 2026, la Semaine maritime internationale de Xiamen tiendra sa 21ᵉ édition autour du thème « Joindre nos mains pour protéger le bleu profond : harmonie entre l’humanité et l’océan ». Quelques semaines plus tard, en janvier 2027, la première Conférence des Parties à l’Accord sur la biodiversité marine des zones situées au-delà des juridictions nationales (accord BBNJ) choisira la ville qui accueillera son secrétariat. Xiamen est candidate.

Qu’une ville côtière chinoise se retrouve à la fois au cœur des débats sur la gouvernance maritime mondiale et en lice pour accueillir une institution internationale témoigne d’une vision forgée dans la durée et d’une expérience concrète, susceptible d’être observée et évaluée par la communauté internationale.

Un modèle d’équilibre entre développement et protection

La Chine défend une approche qui vise à concilier l’utilisation des ressources marines et la préservation des écosystèmes. À Xiamen, cette vision s’est traduite par des politiques menées sur plusieurs décennies.

Le dauphin blanc de Chine, espèce protégée de première catégorie et indicateur de la qualité du milieu marin, en est l’emblème. Xiamen a été la première ville chinoise à adopter une législation pour sa protection et a pris l’initiative d’élaborer un plan d’action national. Aujourd’hui, sa population locale reste stable, avec une structure d’âge équilibrée, tandis que son habitat s’est amélioré. La présence de ces animaux près du centre urbain donne une illustration tangible de la coexistence entre ville et nature.

Cette démarche s’inscrit dans un effort plus large de restauration des milieux marins. Xiamen a été reconnue comme « ville remarquable pour la biodiversité » et intégrée à la plateforme « Villes en harmonie avec la nature ». Plusieurs de ses secteurs maritimes ont également été distingués comme exemples nationaux de « baies marines remarquables ». La transformation du lac Yundang, autrefois pollué et aujourd’hui reconnu pour la qualité de son écosystème, témoigne elle aussi de cette évolution.

Dans sa candidature au secrétariat de l’accord BBNJ, Xiamen met en avant ce parcours : de la restauration du lac et du littoral à la protection des habitats marins. Son expérience peut notamment intéresser les pays côtiers en développement, confrontés au défi de concilier croissance et préservation de l’environnement.

Une gouvernance mondiale plus inclusive

Entré en vigueur le 17 janvier 2026, l’accord BBNJ établit le premier cadre juridiquement contraignant pour protéger la biodiversité dans les zones marines au-delà des juridictions nationales, qui couvrent près des deux tiers des océans. La Chine, l’un des premiers États parties, a participé aux négociations pendant 19 ans. La candidature de Xiamen s’inscrit dans sa volonté de contribuer à la mise en œuvre de l’accord.

Elle soulève aussi la question de la répartition géographique des institutions internationales. L’Asie rassemble environ 60 % de la population mondiale, alors que la plupart des grandes institutions onusiennes consacrées aux affaires maritimes sont établies en Europe et en Amérique. Selon la Chine, installer le secrétariat à Xiamen favoriserait un système de gouvernance « plus juste, plus équilibré et plus inclusif », où l’Asie-Pacifique et le Sud global seraient davantage représentés.

La ville met en avant ses atouts : 265 kilomètres de côtes, une réserve naturelle nationale de plus de 70 kilomètres carrés consacrée à des espèces marines rares, près de 5 000 chercheurs dans le domaine maritime et 30 plateformes scientifiques et technologiques liées à l’océan.

Mais l’enjeu ne se limite pas au lieu d’implantation. L’accord BBNJ prévoit le renforcement des capacités et le transfert de technologies marines, des domaines où de nombreux petits États insulaires et pays les moins avancés manquent encore de moyens. Dans le cadre de sa candidature, la Chine s’est engagée à fournir des locaux et un soutien financier pour faciliter leur participation. L’objectif est de faire de l’équité un principe concret : permettre à tous les pays, y compris ceux disposant de capacités limitées, de contribuer aux décisions et aux évaluations scientifiques.

Du littoral à la haute mer

La Semaine maritime internationale de Xiamen prolonge cette ambition. En vingt éditions, elle a accueilli des représentants de plus de 130 pays et régions et réuni plus de deux millions de participants. Elle est devenue un espace régulier d’échanges sur les enjeux maritimes.

À Xiamen, le dauphin blanc de Chine, parfois présenté comme un « citoyen écologique », joue aussi un rôle de sensibilisation auprès des familles. Sa présence rappelle qu’il ne s’agit pas d’exclure les habitants du littoral, mais de concilier leurs activités avec la protection des écosystèmes.

De la baie de Xiamen à la haute mer, le défi est le même : traduire les principes en actions durables. L’expérience de la ville donne ainsi un visage local à une ambition mondiale — protéger l’océan tout en permettant à chacun de prendre part à sa gouvernance.

Photos : VCG

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