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Chine-UE : un consensus commercial pour dépasser les divergences et relancer la coopération

Lors de la deuxième réunion du mécanisme de consultation Chine-UE sur le commerce et l’investissement, récemment tenue à Beijing, les deux parties sont parvenues à un consensus sur 16 points couvrant quatre domaines : l’équilibre des échanges commerciaux et des investissements, les contrôles à l’exportation, les droits de propriété intellectuelle et la réforme de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ce résultat démontre que la Chine et l’Union européenne disposent à la fois de la volonté et de la sagesse nécessaires pour gérer et résoudre leurs divergences de manière appropriée, à travers le dialogue et la concertation, en vue d’éviter une escalade des tensions.

La Chine et l’UE sont des partenaires stratégiques globaux, et la coopération demeure le maître mot de leur relation. Cependant, ces dernières années, les tendances protectionnistes se sont accentuées au sein de l’Union européenne. Certains responsables politiques ont notamment avancé des arguments contestables autour de la prétendue « surcapacité de production » de la Chine et du « déséquilibre économique et commercial entre la Chine et l’UE », créant ainsi des obstacles à une coopération économique et commerciale normale entre les deux parties.

En juin dernier, la Chine et l’UE ont tenu à Bruxelles la première réunion de leur mécanisme de consultation sur le commerce et l’investissement. Elles ont alors convenu que ce mécanisme visait à renforcer le dialogue ministériel sur les politiques commerciales et d’investissement, afin de stabiliser les relations bilatérales et de favoriser leur développement équilibré. Ses quatre principaux volets — l’équilibre des échanges commerciaux et des investissements, les contrôles à l’exportation, les droits de propriété intellectuelle et la réforme de l’OMC — couvrent les principales préoccupations des deux parties.

Au cours de cette deuxième réunion, la Chine et l’UE ont réaffirmé leur engagement à préserver des relations commerciales stables et équilibrées, en leur qualité de partenaires commerciaux majeurs. Elles ont également confirmé leur volonté de traiter leurs divergences économiques et commerciales ainsi que leurs préoccupations respectives de manière équilibrée, dans le respect des règles de l’OMC. Les deux partenaires entendent ainsi explorer de nouvelles pistes de coopération mutuellement bénéfique et promouvoir une croissance équilibrée, ainsi qu’un développement plus approfondi de leurs échanges commerciaux.

Le consensus obtenu sur 16 points porte sur plusieurs questions sensibles et obstacles qui entravent les relations économiques et commerciales sino-européennes. Il répond ainsi aux attentes des milieux industriels et des marchés, qui aspirent à davantage de stabilité et de prévisibilité dans les relations entre les deux parties.

En tant que deux des principales économies mondiales, la Chine et l’Union européenne peuvent naturellement connaître des divergences dans leurs relations économiques et commerciales. L’essentiel est toutefois de clarifier les faits, d’en comprendre les causes profondes et de rechercher des solutions fondées sur le dialogue plutôt que sur les confrontations.

Les difficultés économiques actuelles de l’Europe découlent principalement de problèmes structurels internes, notamment la complexité de son environnement réglementaire, la fragmentation du marché unique et le niveau élevé des prix de l’énergie. Elles ne sauraient être attribuées à un prétendu « choc » provoqué par le développement économique de la Chine.

En tant que grand pays responsable, la Chine ne cherche pas délibérément à dégager un excédent commercial. Pourtant, certains responsables politiques européens font grand cas de la prétendue « surcapacité de production » chinoise, en s’appuyant principalement sur un seul indicateur : le déficit commercial de l’UE dans les échanges de marchandises avec la Chine. Ce faisant, ils passent sous silence un autre aspect essentiel de la relation commerciale bilatérale : l’excédent européen dans le secteur des services.

Les données parlent d’elles-mêmes. En 2025, l’excédent commercial de l’Union européenne vis-à-vis de la Chine dans le domaine des services s’élevait à 48,3 milliards de dollars. Chaque année, la Chine verse également près de 10 milliards d’euros à l’UE au titre des redevances liées à la propriété intellectuelle. Si l’on prend en compte à la fois les échanges de marchandises et ceux de services, le déséquilibre commercial global entre les deux parties se réduit considérablement. « L’excédent est en Chine, les bénéfices sont en Europe » : cette formule résume une réalité essentielle du commerce sino-européen.

Les faits montrent aussi que la Chine n’est pas à l’origine des difficultés de l’Europe, mais peut au contraire être un partenaire pour les surmonter. Cette année marque le lancement de la mise en œuvre du 15e Plan quinquennal chinois. Au cours de cette période, la Chine s’attachera à améliorer la qualité et l’efficacité de son commerce extérieur, à favoriser un développement plus équilibré des importations et des exportations, à actualiser les catalogues des technologies, produits et services dont l’importation est encouragée, et à réduire la liste négative régissant l’accès des investissements étrangers à son marché.

Ces mesures devraient ouvrir des perspectives commerciales encore plus vastes aux pays du monde entier, notamment à l’Union européenne. Une enquête publiée en mai dernier par la Chambre de commerce de l’Union européenne en Chine révèle d’ailleurs que 68 % des entreprises interrogées ont choisi de maintenir ou d’étendre leurs activités dans le pays. Ce chiffre témoigne de l’importance que les entreprises européennes continuent d’accorder au marché chinois.

À l’échelle mondiale, le poids économique combiné de la Chine et de l’Union européenne représente plus d’un tiers de l’économie mondiale, tandis que leurs échanges commerciaux dépassent un quart du commerce mondial. Lors de cette deuxième réunion du mécanisme de consultation sur le commerce et l’investissement, les deux parties ont souligné que des relations économiques et commerciales saines et stables entre la Chine et l’UE servaient leurs intérêts communs. Elles contribuent également à renforcer la prévisibilité de la croissance économique mondiale et à préserver la stabilité des chaînes industrielles et d’approvisionnement internationales.

La Chine et l’UE sont toutes deux des défenseurs résolus et des acteurs engagés du système commercial multilatéral. Les deux parties sont convenues de renforcer davantage leur communication et leur coopération dans un esprit d’ouverture et de constructivité, et d’engager des discussions sur l’ensemble des questions liées à la réforme de l’OMC. Cette démarche revêt une importance majeure pour promouvoir conjointement le multilatéralisme et améliorer la gouvernance économique mondiale.

La Chine a toujours estimé que le maintien de l’ouverture et de la coopération, ainsi que le règlement des différends économiques et commerciaux par le dialogue et la concertation sur un pied d’égalité, répondaient aux intérêts communs de la Chine et de l’Union européenne. Il est donc à espérer que la partie européenne poursuivra dans la même direction, aux côtés de la Chine, afin de concrétiser les résultats convenus lors de cette deuxième réunion, de partager les opportunités offertes par la Chine dans le cadre d’une coopération de nouvelle génération et de faire en sorte que les fruits de la coopération sino-européenne bénéficient aux deux parties, mais aussi au monde entier.

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