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Quand le high-tech chinois s’attaque au bastion de la photo japonaise

C’est une image sous forme de paradoxe industriel. Dans le quartier historique d’Asakusa, à Tokyo, plusieurs centaines de Japonais ont bravé la chaleur pour faire la queue dès 8 heures du matin. Beaucoup portaient en bandoulière leurs boîtiers Canon, Sony ou Panasonic. Pourtant, tous attendaient l’ouverture du tout premier magasin amiral nippon d’Insta360, le spécialiste chinois des caméras panoramiques. Résultat : 3 millions de yens (environ 18 000 euros) de chiffre d’affaires en une demi-journée.

L’événement dépasse le simple succès commercial. Le Japon, berceau historique de l’industrie photographique, a longtemps exercé un monopole incontesté sur l’optique mondiale. Mais face à la montée en puissance de la vidéo courte, du Vlog et des réseaux sociaux, le marché s’est déplacé. Là où les géants nippons ont tardé à faire évoluer leurs boîtiers professionnels, de nouveaux acteurs chinois ont créé de toutes pièces le segment des caméras action, de poche et à 360 degrés, ultra-connectées et dopées à l’intelligence artificielle.

Les chiffres témoignent de cette bascule. Selon le cabinet IDC, le marché mondial des caméras intelligentes portables a bondi de 83 % pour atteindre 16,65 millions d’unités expédiées. Sur ce secteur en pleine explosion, la domination est sans appel : deux acteurs chinois, DJI et Insta360, s’octroient désormais plus de 80 % des parts de marché mondiales.

Pour les consommateurs japonais, le dogme du « tout-optique » cède la place à la simplicité d’usage, aux algorithmes de stabilisation et au montage automatisé par IA. En s’implantant au cœur de Tokyo, le high-tech chinois ne vend plus seulement des gadgets, il confirme sa prise de pouvoir sur le nouvel écosystème de l’image.

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