Un an plus tard, les robots humanoïdes se sont élancés à nouveau dans les rues de Beijing pour parcourir les 21,0975 km du semi-marathon. Cette année, le nombre d’équipes a bondi : de 20 l’an dernier à plus de 100, avec des participants venus d’Allemagne, de France, du Portugal et du Brésil.
Dès le coup de départ, la vitesse des robots coureurs était impressionnante, digne d’une « course effrénée ». Au final, victoire de l’équipe « Qi Tian Da Sheng » (le Roi Singe), portée par la société HONOR de Shenzhen. Leur temps net est de 50 minutes et 26 secondes, un résultat qui a même battu le record du monde du semi-marathon masculin, établi en mars dernier par le célèbre athlète ougandais Jacob Kiplimo.
La grande nouveauté cette année est la création d’une catégorie dédiée à la navigation autonome, représentant environ 40 % des équipes. Ces robots évoluent sans opérateur humain. Ils s’appuient entièrement sur des algorithmes pour prendre leurs décisions de manière autonome. Lorsqu’ils rencontrent des virages, des pentes ou des passages étroits, ils doivent déterminer eux-mêmes comment parcourir ce tronçon, à quelle vitesse avancer et s’il faut éviter les obstacles en cas d’imprévu.
En un an seulement, les robots humanoïdes sont ainsi passés du pilotage à distance à la course en autonomie complète. Le robot champion, le HONOR Robotics D1, mesure 1,69 m et incarne cette avancée. Il est doté de capacités de perception et de navigation autonomes.
« La clé de cette victoire, c’est d’abord une conception inspirée des athlètes de haut niveau, avec de longues jambes de 0,95 mètre », explique l’ingénieur de l’équipe championne. Une innovation esthétique et fonctionnelle. « Nous avons aussi un système de refroidissement liquide très performant, issu des technologies des smartphones HONOR », ajoute-t-il.
Pourquoi organiser un marathon de robots humanoïdes ? L’an dernier, certains s’interrogeaient encore. Mais cette année, en voyant les robots passer d’une démarche hésitante à une foulée assurée, et le meilleur temps passer de 2h40min42s à un chrono supérieur aux performances humaines, la réponse est limpide. « Nous voulons que ce type de compétition aide à définir des technologies et des normes, accélère l’évolution des produits, et permette au grand public de toucher du doigt les progrès réalisés », affirme Wang Lei, directeur du Comité de gestion de la zone de développement économique et technologique de Beijing.
Ce semi-marathon a aussi été un banc d’essai. Optimisation des structures générales, usage accru de fibre de carbone et d’alliages : le poids total des robots a été réduit d’environ 15 %, sans perdre en résistance. Bien au contraire. Moteurs, batteries, articulations intégrées, ces composants essentiels ont gagné en performance et en stabilité, offrant une puissance accrue. L’autonomie des robots a bondi de 5 km à plus de 10 km, grâce aux progrès des batteries haute densité et de la gestion énergétique.
Ces dernières années, la Chine mise sur l’autonomie technologique pour planifier et organiser les industries de demain. L’intelligence incarnée est devenue un domaine stratégique. Le 15e plan quinquennal l’a intégrée dans les filières d’avenir, et les régions déploient des efforts ciblés pour sortir ces technologies des laboratoires et les mener jusqu’aux applications concrètes. Une accélération est en marche.
Il y a un an, lors du Gala du Nouvel An chinois, les robots dansaient en agitant des mouchoirs, avec des gestes encore raides et maladroits. Mais lors du Gala de cette année, ils ont enchainé des mouvements des arts martiaux, effectué des formations précises et réalisé des déplacements complexes, avec fluidité et justesse. Les robots humanoïdes passent progressivement du stade du concept à celui de la réalité. Leurs technologies ne cessent de mûrir et leurs domaines d’application s’élargissent. La puissance de la technologie transforme, chaque jour un peu plus, notre quotidien et notre travail.





