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Pénurie mondiale de transformateurs : le déficit atteint 30 % avec l’essor de l’IA

« La limite de l’IA réside dans la puissance de calcul, et la limite de la puissance de calcul réside dans l’électricité. » Cet adage résume bien l’immense dépendance de la puissance de calcul à l’égard de l’énergie.

La puissance de calcul est une industrie typiquement énergivore. À titre d’exemple, la consommation électrique d’un centre de données à très grande échelle dépasse désormais 1 gigawatt, soit l’équivalent de la charge de pointe estivale d’une ville de taille moyenne.

Selon le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), d’ici 2030, la hausse mondiale de la consommation d’électricité représentera plus de deux fois la consommation actuelle de l’Union européenne. L’AIE souligne que le déploiement à grande échelle de l’IA est le principal facteur derrière cette flambée de la demande en électricité. L’agence prévoit que la consommation électrique des centres de données dans le monde aura plus que doublé pour atteindre environ 945 térawattheures d’ici 2030.

Parallèlement à l’essor de l’IA, la demande mondiale en équipements électriques connaît une croissance fulgurante. Selon les prévisions du cabinet Wood Mackenzie, le déficit mondial atteint actuellement 30 % pour les transformateurs de puissance et 10 % pour les transformateurs de distribution.

Dans ce secteur manufacturier traditionnel, la « vitesse chinoise » affiche une nouvelle fois des avantages écrasants. D’après les données de l’Administration générale des douanes, les exportations chinoises de transformateurs ont atteint en 2025 un niveau record de 64,6 milliards de yuans (8,15 milliards d’euros), soit une progression annuelle de près de 36 %. Actuellement, dans le delta du Changjiang comme dans celui de la rivière du Zhujiang, les usines tournent à plein régime, et certaines entreprises ont déjà des carnets de commandes remplis jusqu’en 2027.

Selon Cai Yiqing, secrétaire de la section des équipements électriques de la Fédération chinoise des entreprises d’électricité, la Chine, premier producteur mondial de transformateurs, dispose d’une filière de production complète et représente 60 % de la capacité mondiale. Ses produits sont exportés vers l’Asie du Sud-Est, l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique.

La demande mondiale d’équipements électriques a fortement augmenté avec l’essor de l’IA. Alors, pourquoi ces commandes internationales en forte hausse affluent-elles vers la Chine ? En réalité, ce ne sont pas seulement les transformateurs qui connaissent un succès fulgurant : l’expansion internationale de l’ensemble du secteur chinois des équipements électriques reflète une réalité plus profonde. Ce que la Chine possède, ce n’est pas seulement une ou deux usines puissantes, mais tout un système industriel électrique accumulé au fil des décennies. Et cet atout systémique pose les fondations du développement de l’IA en Chine.

Selon les analyses, la formation des chaînes industrielles est indissociable de la croissance rapide de la charge électrique en Chine ces dernières décennies, laquelle a généré d’énormes besoins et opportunités pour l’industrie électrique. Après plusieurs décennies de développement, le secteur électrique chinois s’est retrouvé dans une situation où « l’offre d’électricité précède la demande, » c’est-à-dire que la capacité est installée en avance, en attendant l’augmentation de la demande.

En février dernier, le volume d’appels des modèles d’IA chinois a atteint 4 120 milliards de tokens, dépassant pour la première fois celui des États-Unis. L’essence même de l’internationalisation des modèles d’IA chinois consiste à transformer l’électricité en puissance de calcul, puis cette puissance en intelligence. Pour les analystes, ce dépassement en volume d’appels s’explique à la fois par l’innovation en matière de modèles économiques et par le soutien des atouts du secteur électrique. La question clé est désormais de savoir comment parvenir à une véritable synergie entre ces deux éléments. Celui qui propose l’électricité la moins chère, la plus stable et dont le réseau s’adapte le plus rapidement détient l’avantage majeur en matière de coûts à l’ère de l’IA.

Dans le rapport d’activité du gouvernement publié en mars, la Chine a évoqué pour la première fois la « formation d’une nouvelle forme d’économie intelligente » et intégré la « mise en œuvre de clusters de calcul intelligents à très grande échelle et de nouveaux projets d’infrastructure coordonnant calcul et alimentation électrique » dans la conception stratégique nationale. Alors que la synergie entre calcul et électricité passe d’un concept technique à une stratégie nationale, cela signifie que la « convergence bidirectionnelle » entre l’IA et l’électricité entre officiellement dans une phase d’accélération.

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