L’année 2026 marque un nouveau départ pour la Chine. Avec le lancement du 15ᵉ Plan quinquennal (2026-2030), le pays dessine les contours de son développement pour les cinq années à venir. Dans les allées des « Deux Sessions » à Beijing, le monde retient son souffle. Quels leviers la deuxième économie mondiale va-t-elle actionner pour maintenir le cap ?
Tenir le cap dans la tempête
Le précédent plan quinquennal n’a pas été de tout repos. Tensions commerciales, chaînes d’approvisionnement bousculées, incertitudes géopolitiques… l’économie chinoise a pourtant traversé cette période en maintenant le sien. Le cap, c’était une « marche assurée », soutenue par des ajustements macroéconomiques précis.
Le résultat a été remarquable avec un PIB qui a franchi un nouveau palier symbolique en 2025, dépassant les 140 000 milliards de yuans (environ 19 400 milliards de dollars). Une preuve de résistance, mais surtout d’adaptation.
Mais le contexte du 15ᵉ Plan est encore plus exigeant. La fragmentation de l’économie mondiale, la guerre technologique, les risques financiers… Les défis sont nombreux. Dans ce paysage mouvant, les objectifs de croissance et la cohérence des futures politiques seront déterminants. Tous les regards sont tournés vers Beijing pour y lire la stratégie à moyen terme.
La demande intérieure, nouveau moteur de la croissance
La stabilité reste le maître-mot, mais le véritable moteur se trouve désormais à l’intérieur des frontières. Et pour cause : entre 2021 et 2024, la demande intérieure a contribué à près de 87 % de la croissance, dont 60 % grâce à la seule consommation des ménages.
Les autorités l’ont bien compris. L’objectif est clair : transformer l’immense marché chinois en un levier de croissance puissant. Concrètement, des mesures de soutien à la consommation ont déjà vu le jour, avec des subventions ciblées et un financement dédié. L’idée est de redonner confiance aux ménages.
Mais on va plus loin. Un plan stratégique pour la période 2026-2030 est en préparation, tout comme un fonds national dédié aux fusions-acquisitions. L’objectif est de rééquilibrer l’offre et la demande pour fluidifier la machine économique. Pour les analystes, ce virage est stratégique car, il s’agit de construire une croissance plus résiliente et durable, de l’intérieur.
Miser sur les technologies de rupture
Autre priorité, c’est de ne pas rater le train des industries du futur. Le nouveau plan quinquennal pointe déjà plusieurs secteurs clés : technologie quantique, biofabrication, hydrogène, énergie de fusion nucléaire, interface cerveau-machine, intelligence artificielle incarnée ou encore 6G. Des domaines où la compétition mondiale est féroce, et où l’avance ira à ceux qui sauront investir vite et bien.
Dans cette course, les entreprises privées sont en première ligne. Pour les soutenir, les autorités multiplient les initiatives : accès au financement, soutien à la recherche, simplification des règles. L’innovation est érigée en priorité nationale.
Une ouverture à double sens
Loin des clichés, l’image de la Chine se construit aussi ailleurs. L’année écoulée a vu l’ouverture se poursuivre sur le plan institutionnel, avec des visas facilités et une politique d’échanges plus fluide. Sur les réseaux sociaux étrangers, des initiatives comme « Acheter en Chine » ou « Voyager en Chine » rencontrent un écho inattendu. Même des produits culturels comme les figurines LABUBU deviennent des ambassadeurs spontanés du pays, offrant au monde un visage plus authentique et nuancé.
Les « Deux Sessions » sont bien plus qu’un rendez-vous politique. C’est la fenêtre par laquelle on observe les grandes orientations de la Chine. Stabilité, demande intérieure, industries d’avenir, ouverture approfondie… Les priorités de l’année dessinent une feuille de route claire. Dans un monde en pleine recomposition, ces choix ne détermineront pas seulement le destin du pays, mais aussi la manière dont il interagira avec le reste du monde.
(Photos :VCG)





