Objectif de croissance, création d’emplois, relance de la consommation, élargissement de l’ouverture… Autant de points clés du rapport d’activité du gouvernement, présenté jeudi 5 mars à l’Assemblée populaire nationale (APN), qui ont retenu l’attention du monde entier.
Selon ce rapport, la Chine vise une croissance économique comprise entre 4,5 % et 5 % cette année, avec la volonté d’atteindre de meilleurs résultats dans la pratique. Un objectif qui s’inscrit dans la droite ligne de l’ambition à long terme du pays : porter le PIB par habitant au niveau d’un pays moyennement développé d’ici 2035. Mais c’est aussi un objectif réaliste, adapté au potentiel de croissance durable de l’économie chinoise.
Une croissance solide malgré un contexte mondial tendu
Pour les analystes, la deuxième économie mondiale dispose de tous les atouts pour atteindre cet objectif. Et ce n’est pas tout. Ce cap laisse aussi une marge de manœuvre précieuse pour mener des ajustements structurels, prévenir les risques et approfondir les réformes, dès la première année de mise en œuvre du 15e Plan quinquennal. Autant de fondations solides pour un développement futur plus stable et plus résilient.
En 2025, le PIB chinois a progressé de 5 %, un taux qui place le pays en tête des grandes économies mondiales. Malgré un environnement extérieur de plus en plus complexe, la Chine maintient le cap avec un objectif de croissance ambitieux mais mesuré. Une preuve supplémentaire de la résilience de son économie, et un signal de confiance envoyé à une reprise mondiale qui en a bien besoin.
Cet objectif de croissance repose d’abord sur un développement de haute qualité. La Chine mise résolument sur l’innovation, en s’appuyant sur l’essor de nouvelles forces productives pour transformer en profondeur son modèle économique.
Des moteurs de croissance pour demain
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2025, l’intensité des dépenses de recherche et développement (R&D) a, pour la première fois, dépassé la moyenne des pays de l’OCDE. Même constat pour l’Indice mondial de l’innovation, où la Chine fait son entrée dans le top 10. Dans des domaines aussi stratégiques que l’intelligence artificielle, la biomédecine, la robotique ou les technologies quantiques, le pays s’impose désormais comme un acteur majeur, tant dans la recherche que dans l’application industrielle.
Parmi les priorités du gouvernement cette année, on note l’accélération de l’émergence de nouveaux moteurs de développement. En 2026, la Chine entend consolider des industries émergentes stratégiques comme les circuits intégrés, l’aérospatiale, la biomédecine ou encore l’économie de basse altitude. Elle mise aussi sur les industries du futur : énergies nouvelles, technologies quantiques, IA incarnée, interface cerveau-machine, réseau 6G…
Autre levier clé, l’initiative « IA Plus », qui vise à généraliser l’usage des agents intelligents et des terminaux nouvelle génération, et à accélérer le déploiement commercial de l’IA dans les secteurs prioritaires. Ces forces productives de nouvelle qualité ne constituent pas un effet d’annonce, elles redessinent le visage de l’économie chinoise.
Un marché intérieur géant, un potentiel de consommation énorme
Deuxième marché de consommation au monde, premier marché de vente au détail en ligne, deuxième marché d’importation… La Chine dispose d’un atout de taille, son marché intérieur. En 2025, le total des ventes au détail de biens de consommation a franchi pour la première fois la barre des 50 000 milliards de yuans. La consommation a contribué à hauteur de 52 % à la croissance économique, confirmant son rôle de moteur principal.
Pas étonnant, donc, que renforcer ce marché intérieur soit devenu la priorité numéro un du gouvernement. Cette année, des initiatives spéciales seront lancées pour stimuler la consommation, avec des mesures concrètes : augmentation des revenus des ménages modestes, soutien aux revenus immobiliers, amélioration des systèmes de rémunération et de protection sociale.
Côté financement, 250 milliards de yuans (environ 36 milliards de dollars) d’emprunts d’État spéciaux à très long terme seront émis pour encourager le remplacement et la reprise de biens de consommation. Parallèlement, un fonds spécial de 100 milliards de yuans sera mis en place pour coordonner mesures budgétaires et financières au service de la demande intérieure.
Autre pilier de cette croissance : une stratégie macroéconomique cohérente. La Chine maintiendra cette année une politique budgétaire plus vigoureuse et une politique monétaire toujours flexible. Les dépenses du budget général devraient atteindre pour la première fois 30 000 milliards de yuans, soit une hausse d’environ 1 270 milliards par rapport à 2025. De quoi apporter de la visibilité et de la stabilité à l’activité économique.
L’ouverture, moteur supplémentaire
Enfin, cette dynamique repose aussi sur l’engagement constant de la Chine en faveur de l’ouverture et de la coopération internationale. Cette année encore, plusieurs mesures viendront concrétiser cette volonté : élargissement de l’ouverture autonome, consolidation du commerce extérieur, optimisation de sa structure, renforcement des investissements bilatéraux, et approfondissement de la coopération dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route. »
Une ouverture qui bénéficie à la Chine, mais pas seulement. Elle crée aussi des opportunités pour ses partenaires à travers le monde.
Avec l’un des taux de croissance les plus élevés parmi les grandes économies, la Chine reste l’un des moteurs les plus stables et les plus fiables de la croissance mondiale. Plusieurs grandes organisations internationales ont d’ailleurs révisé à la hausse leurs prévisions pour le pays. Dans un contexte mondial marqué par l’incertitude, cet objectif de croissance annuel de la deuxième économie mondiale n’est pas seulement un chiffre. C’est un signal de confiance, et une contribution concrète à la stabilité de l’économie globale.





